Fillon droit dans ses bottes face à une nouvelle fronde à droite

Mardi 14 Février 2017

Sitôt rentré de La Réunion, François Fillon est venu mardi à l'Assemblée tenter d'éteindre une nouvelle fronde à droite, excluant toujours tout retrait de la présidentielle, "qui créerait une crise majeure" d'autant qu'à ses yeux, il n'y a pas de "solution alternative".


François Fillon en campagne à Saint-Denis de la Réunion, en France, le 13 février 2017 afp.com - Richard BOUHET
François Fillon en campagne à Saint-Denis de la Réunion, en France, le 13 février 2017 afp.com - Richard BOUHET
Rejouant, selon un député LR, l'air du "moi ou le chaos", le candidat de la droite, toujours englué dans l'affaire des emplois présumés fictifs de ses proches, a prévenu que son retrait provoquerait un risque "d'effacement" de la droite au profit de Marine Le Pen, qui se verrait "ouvrir une porte".
"Honnêtement, ça serait peut-être plus facile pour moi personnellement et ma famille de ne pas être dans cette compétition aujourd’hui. Cette décision (de rester), je l’ai prise, je ne reviendrai pas dessus", a martelé le vainqueur de la primaire de la droite.
Il répondait ainsi à une vingtaine de parlementaires, notamment sarkozystes, qui, lors d'un dîner la veille, avaient constaté leur "impossibilité de faire campagne" face aux dégâts provoqués par le Penelopegate.
"Ce n’est pas je ne sais quelle instance du parti qui va décider, comme sous la IVe République, du candidat à l’élection présidentielle. Il y a eu une primaire (...) et m’étant entretenu avec les principaux candidats, notamment Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, j’ai constaté qu’il n’y avait pas de solution alternative", a lancé M. Fillon à ces "frondeurs" qui réclamaient la tenue d'un bureau politique des Républicains.
"Je suis harcelé par la presse nationale. J’ai le harcèlement judiciaire. Je ne voudrais pas avoir en plus le harcèlement parlementaire parce que ça va commencer à devenir difficile (...) La question, c’est + est-ce que vous m’aidez ou est-ce que vous me compliquez la tâche ?+", a exhorté l'ancien Premier ministre, sans évoquer le calendrier judiciaire qui inquiète de nombreux députés.
- 'Tout est réglé' -
Selon des participants à cette réunion à huis clos, la "grande majorité" des députés, "voire 90%", ont soutenu François Fillon pendant la rencontre qui a duré près de deux heures et au cours de laquelle une bonne trentaine de députés ont pris la parole. Mais "beaucoup ont aussi témoigné de leurs difficultés sur le terrain" avec "des électeurs choqués par les sommes" gagnées par l'épouse et les enfants de François Fillon.
"Dans une famille politique, il y a la nécessité de se dire les choses clairement", a résumé le porte-parole de M. Fillon, Thierry Solère, en assurant à l'issue de la rencontre que "le groupe était totalement rassemblé", derrière celui qui reste "le patron", selon Valérie Boyer.
"A l'intérieur de la famille, tout est réglé", a renchéri le président du groupe LR, Christian Jacob, qui récuse le terme de "frondeurs".
Le chef de file de ces derniers, le sarkozyste George Fenech, a fait marche arrière pendant la réunion alors que, le matin même, il avait fait circuler "une lettre ouverte" réclamant un bureau politique face à "une crise majeure".
"Je ne demande plus un bureau politique et j'oublie le texte préparé hier soir", a déclaré M. Fenech après que Christian Jacob a qualifié son initiative de "vraie connerie monumentale", ont rapporté des participants. Ce magistrat de profession avait déjà fait volte-face, jugeant "caduc" le résultat de la primaire il y a deux semaines avant de se raviser.
Face aux députés, M. Fillon a assuré qu'il allait continuer à faire campagne, notamment mercredi à Compiègne (Oise) après avoir déjeuné avec Nicolas Sarkozy. Il a aussi dit qu'il comptait "accentuer l’effort sur la sécurité, en liaison avec ce qu’il se passe aujourd’hui dans plusieurs banlieues".
Habituellement prompt à les ignorer, il s'est félicité des sondages qui "ont commencé à remonter un peu", alors que "ceux de M. Macron sont en train de baisser", soulignant surtout le fait que le candidat d'En Marche! "a à peu près 36% de ses électeurs qui sont sûrs de voter pour lui. Moi, c’est 70 ou 75%".
"Cela veut dire que le socle des électeurs de droite, qui sont fâchés -c’est incontestable-, (...) il veut qu’on gagne", a-t-il conclu.

Diasporas-News

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